janvier 2012
L Ma Me J V S D
« déc    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Derniers coups de ciseaux pour le 15ème au théâtre des Mathurins

Et premier coups de canif!

Voici un des premiers dialogues entre un patron de salon de coiffure – folle et vêtu d’un short et d’un tee-shirt moulant d’un jaune inoui- et un client viril et peu sensible aux charmes du sexe masculin :

« Vous habitez où? »

« Dans le 15ème arrondissement »

« Mais c’est la campagne »

Le client proteste

« Je ne m’exilerai jamais en banlieue »!

Les auteurs auraient pu choisir un autre arrondissement, mais  ils ont choisi celui-ci. Des deux arrondissements rive droite, le 16 et le 15, lequel  est plus résidentiel que l’autre? Aucun, cependant le premier a la chance d’héberger des Musées prestigieux et un Théâtre National. Le 15ème a cependant beaucoup d’atouts et il est réducteur de le caricaturer ainsi, même si cela m’a fait réfléchir.

Il y a beaucoup de raisons de se réjouir d’y habiter, chaque jour de nouveaux habitants s’y installent et viennent y chercher l’authenticité du cadre, le bonheur familial, loin des artifices et du surfait. Je suis optimiste quant au potentiel de développement de notre arrondissement si vaste et si agréable à vivre, n’en déplaise aux fâcheux, il reste cependant une impression vieillotte et peu glamour

. Non le 15eme n’est pas un désert, la banlieue n’est pas un terme si péjoratif, c’est un lieu plein d’avenir et riche en possibilités. Edouard Balladur soulignait en 2008, le point faible du 15 -la Culture- Cependant  la culture aujourd’hui est un fourre-tout difficilement définissable, à nous de lui donner un sens, n’oublions pas que que de nombreuses ruches de sociétés (multimédias & audiovisuelles) y ont élu domicile, oui mais voilà…. On le cite dans une pièce de théâtre à succès  en terme peu glorieux, l’ironie et l’humour font passer plus de messages que de nombreuses et sérieuses publications

Ceci étant dit aller voir la pièce… Le scénario la situe dans le 8ème arrondissement!!!!

Portrait chinois de 2012

Une fleur: le mimosa

une couleur : le pourpre
Une saison :le printemps
Un animal : un zèbre
Un phénomène naturel : la pluie
Un sport : la plongée
Un chiffre : le 12
Un pays : le Sénégal
Un mot : MAGIQUE
Un instrument de musique : le PIANO
Un insecte : le scorpion
Un paysage : les lacs
Un oiseau : un vanneau huppé
Un saladier rempli de : grenades
Un arbre : le chêne
une chanson : « Jeanne »
Un objet : une boussole
Un personnage : Youssou n’dour

un tableau, un slogan , analyse d'image (2)

« La France en grand, la France ensemble ».

La France en grand, oui le publicitaire ou le Conseiller en communication ayant choisi ce slogan, suivait la mesure de l’ambition des résultats de football, la France en grand, voulait -on dire :

-En grande taille?

-En grand écran?

-En grand danger?

-En grand public?

-En grand ?…. Pas en grande. La France par ce masculin basculé; imperceptiblement dépossédé de son féminin, consacrait le rapt du grand politique.

Du grand Art, le signifié apparaissant en creux qui va bien loin, il devient homme, il devient mâle dominant contre mâle dominant.

Les français ne s’y sont guère trompés, le duel facile semblait tout trouvé et il le fut.

politique : retour sur quelques images (1)

C’éait en 1995, Jacques Chirac venait d’être élu sur le thème de la fracture sociale. Après des années de socialisme , deux mandats de Mitterrand, la France votait pour un nouvel homme, mais hélas pas pour un réel nouveau projet. L’ illusion de l’homme qui allait réparer la fracture sociale, fut hélas vite imagé par cette photo , jacques et Bernadette dans leur vieille CX. A partir de ce moment là, nous le savions, nous n’aurions droit à aucune audace et le mot emprunté à Emmanuel Todd, n’était qu’un rapt habile de communiquant intelligent. Le premier geste du Président fut comme un come-back de cette France que nous rejetions, celle de Mitterrand,de Jarnac et de Chardonne, celle des notables et des réformes toujours remisées. Le résultat du référendum de fin mai 1995, signait la mésalliance entre les français et leurs dirigeants, ce non fut le tapis brosse de ses élites coupés du peuple de France. (a suivre)

une histoire à donner une fièvre de cheval

Frédéric Nietzsche s’effondre le 3 janvier 1889 à Turin. Alors qu’il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s’approche de l’animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d’approcher le cheval : « Nietzsche (…) fut assez fou pour pleurer auprès d’un animal, sous le regard ou contre la joue d’un cheval que l’on frappait. Parfois je crois le voir prendre ce cheval pour témoin, et d’abord, pour le prendre à témoin de sa compassion, prendre sa tête dans ses mains » (Jacques DerridaL’Animal que donc je suis).

Cette folie incarné et declanché de manière brutale, même si elle fut sous-jacente, m’a soudainement donné l’idée de ce blog. Il y a cependant un certain temps que je réfléchis à cet animal, si prodigieux, si discret, si présent. Il y a plusieurs éléments qui me fascinent, le premier, le fait que le cheval ne soit pas dressé par le principe de crainte; mais par celui de la confiance. Car le cheval n’a qu’une idée : la fuite, il est fait pour les grands espaces, c’est un herbivore,  il a une vision latérale, une mémoire prodigieuse et une intuition fabuleuse.

Dans mon blog 1 j’ai évoqué cette figure psychopompe a plusieurs reprises.

Au hasard de mes recherches généologiques, avec ma cousine aveugle, je suis tombé sur un acte notarié d’un de nos ancêtres, enrôlés dans les armées napoléonniennes , après le grand vent et le malheur de la terreur . Cet homme, sans plus d’attache familiale que de passé , ni de présent, eut un avenir en devenant le patron de l’époque du Haras du Pin. Cette histoire m’interpella particulierement, il liquida d’un trait de plume, son patrimoine natal, son histoire certainement terrible, car sa date de naissance 1793 qui fut une année de gel, de plomb de feu, de viols, de caches de pleurs et de sanglots, bien que les sanglots fussent à jamais insuffisants pour décrire l’horreur de la guerre civile. Ainsi cet homme né en pleine tourmente, dont personne ne sait plus rien sinon, ce nom cité par le notaire de Croix de vie de l’époque, partit certainement comme très jeune homme de  Vendée, il fit sans doute une carrière d’arme magnifique pour se retrouver à la tête des haras normands. Fit il partie de ces presques enfants, qui au passage de Napoléon dans le département de la Vendée, s’enrôlerent pour échapper au malheur, aux femmes et aux hommes fous d’avoir vu tant de violences et de barbarie qui parcourant les routes, pauvres chiffons regards hallucinés racontaient en peu de chose et en aucun mot la misère humaine…

s

L’histoire reste à écrire et aussi à inventer.

Le deuxième fut sur l’animal porte bonheur , symbôle chinois, en voici le lien :

http://homepage.mac.com/margueritteg1/iblog/B473334831/2006/11/15/index.html

Le troisième sur ce cheval trouvé rue Chauvelot,dont je ne trouve plus le lien, mais qui contait l’histoire de ce cheval de la Garde républicaine qui en 2005, se delestant de son cavalier, courut a grand galop , du bois de Boulogne au Marché Brassens, où furent tués tant des siens. On l’y retrouva paisiblement, écrit le Parisien, attendant sagement de rejoindre ses écuries! Incroyable histoire a donner des frissons.

Chacun a joué au jeu des petits chevauxc. J’y jouais beaucoup avec mes grands-parents, entre autres jeux de société… Et surtout avec ma grand-mère, dont le fils, mon oncle donc, était un joueur effréné. Il passait son temps en calcul savant, sa vie comme hantée par le gain, par le jeu, par la perte qui augurait d’un gain…etc. La figure du joueur type. Marié à une vieille branche déchue, de celle qui descend de la noblesse à cheval et qui de guillotinée,  de ruinée, de vente de titre nobiliaire était passé directement à la plèbe- sa propre mère ne ratait jamais une fête communiste-  ce qui ne manque pas piquant, elle s’appelait Reine,  avait une allure effectivement bien tenue ,  une alliance en forme de clin d’oeil à notre histoire familiale.

séminaire sur les défis de la gouvernance à l'hotel de ville de Paris/ Cas de figure

Le séminaire  sur la gouvernance et ses défis organisé par Pierre Mansat, à l’Hôtel de ville de Paris, commença très bien. Rien à dire, une organisation perlée, des intervenants passionnants… Après tout, il est vrai le sujet  devait interesser -vu les circonstances actuelles de crise et les projets du Grand Paris et de Paris Métropole- Et rien de mieux qu’un débat brûlant pour réchauffer le coeur des politiques parisiens dont je fais partie, avec Florence Laingui, Élue du 5 ème arrondissement, d’un esprit aigu et motivé pour son arrondissement et sa ville.

C’est avec un grand coeur et beaucoup d’espoir que je me fondis dans les groupes ateliers mis en place dans les salles de commissions de l’hôtel de ville. Beaucoup de noms me viennent à l’esprit, je ne retiendrai par souci d’ordre et de clarté que deux interventions : celle du flamand Louis Albrecht et de l’anglaise Patsy Healey, atelier 5 : planning, échelles et temporalité.

L’exposé de Louis albrecht sur le diamant flamand, fut simple, direct et lisible. Les projets de rénovations de trois sites principaux, situés sur des friches industrielles, leur déroulement novateur en concertation avec la population, de dimension raisonnable et argumenté, sont des réussites et sont à considérer avec grand intérêt. L’exposé de Mme Healey, plus conceptuel, ne manqua pas de soulever mon adhésion, autant sur le fond que sur la forme. Ses sujets étaient communs, globaux et rendait parfaitement la dimension de réseaux d’intérêt et d’enjeux futurs. Le Grand Londres fut analysé, exposé et disposé de manière originale. Les autre intervenants ne démeritèrent pas et loin de moi de vouloir établir un classement.

donc, jusqu’a aujourd’hui 14h30, rien à dire, lorsque je vis arriver pour la synthèse, Patrick Braouzec, ancien maire de Saint-Denis et actuel député de Seine-Saint-Denis et Dominique Voynet, maire de Montreuil, entre autres, ma curiosité fut en éveil. Le fait que la première adjointe, anne Hidalgo était  également présente ce qui ne me chagrina point plus avant, sa place est légitime. Cependant peu après les quelques synthèses de 7 minutes de chaque atelier, chronomotrées, l’on entendit mr Braouezc parler doctement d’un atelier, l’atelier 3, ou il n’assistait pas, mais vu son ton très sûr, l’on faisait croire à l’Assemblée qu’il y avait assisté. Son intervention fut digne d’un congrès du PC des années 70… Et non chronométrée, elle!

Impossible à entendre en 2011.

Je me levais donc et je sortis, l’idéologie braillarde à moindre frais, il ne plait pas de l’accepter, encore moins de l’entendre. De l’intelligence des réseaux urbains à la forfaiture, le pas était franchi. Forfaiture sur toute la ligne.

friche industrielle à Epinay/sur/ Seine / Photographie© Catherine MARGUERITTE

rhizomes

"Entre Burano et Murano" ©Catherine Margueritte

L’article que vous trouverez ci-joint , est paru sur un blog consacré à Edouard Glissant.

La pensée de Deleuze est complexe, du temps est nécessaire pour la saisir, il faut faire abstraction des temps qui l’ont entouré, cerné, cadenassé, emmailloté dans la pensée que l’on appelle soixante-huitarde et qui, me semble réductrice, pauvre et particulièrement non adapté au visionnaire que fut Gilles Deleuze. Il inspire sans doute plus notre siècle dernier beaucoup plus que l’on ne le cite.

Place au philosophe :

Extrait de Mille Plateaux de Gilles Deleuze et Félix Guattari


(…) à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’Un ni au multiple. Il n’est pas l’Un qui devient deux, ni même qui deviendrait directement trois, quatre ou cinq, etc. il n’est pas un multiple qui dérive de l’Un, ni auquel l’Un s’ajouterait (n + 1). Il n’est pas fait d’unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes. Il n’a pas de commencement ni de fin, mais toujours un milieu, par lequel il pousse et déborde. il constitue des multiplicités linéaires à n dimensions, sans sujet ni objet, étalables sur un plan de consistance, et dont l’Un est toujours soustrait (n – 1). Une telle multiplicité ne varie pas ses dimensions sans changer de nature en elle-même et se métamorphoser. A l’opposé d’une structure qui se définit par un ensemble de points et de positions, de rapports binaires entre ces points et de relations biunivoques entre ces positions, le rhizome n’est fait que de lignes : lignes de segmentarité, de stratification, comme dimensions, mais aussi ligne de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose en changeant de nature. On ne confondra pas de telles lignes, ou linéaments, avec les lignées de type arborescent, qui sont seulement des liaisons localisables entre points et positions. A l’opposé de l’arbre, le rhizome n’est pas un objet de reproduction : ni reproduction externe comme l’arbre-image, ni reproduction interne comme la structure-arbre. Le rhizome est une antigénéalogie. C’est une mémoire courte, ou une antimémoire. Le rhizome procède par variations, expansion, conquête, capture, piqûre. A l’opposé du graphisme, du dessin ou de la photo, à l’opposé des claques, le rhizome se rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite. Ce sont les calques qu’il faut reporter sur les cartes et non l’inverse. Contre les systèmes centrés (même polycentrés), à communication hiérarchique et liaisons préétablies, le rhizome est un système acentré, non hiérarchique et non signifiant, sans Général, sans mémoire organisatrice ou automate central, uniquement défini par une circulation d’états. Ce qui est en question dans le rhizome, c’est un rapport avec la sexualité, mais aussi avec l’animal, avec le végétal, avec le monde, avec la politique, avec le livre, avec les choses de la nature et de l’artifice, tout différent du rapport arborescent : toutes sortes de “devenirs”. Un plateau est toujours au milieu, ni début ni fin. Un rhizome est fait de plateaux.

(…) Nous appelons “plateau” toute multiplicité connectable avec d’autres tiges souterraines superficielles, de manière à former et étendre un rhizome. Nous écrivons ce livre comme un rhizome. Nous l’avons composé de plateaux. (…) Chaque plateau peut être lu à n’importe quelle place, et mis en rapport avec n’importe quel autre. Pour le multiple, il faut une méthode qui le fasse effectivement ; nulle astuce typographique, nulle habileté lexicale, mélange ou création de mots, nulle audace syntaxique ne peuvent la remplacer. Celles-ci en effet, le plus souvent, ne sont que des procédés mimétiques destinés à disséminer ou disloquer une unité maintenue dans une autre dimension pour un livre-image.

Techno-narcissisme. (…) En aucun cas nous ne prétendons au titre d’une science. Nous ne connaissons pas plus de scientificité que d’idéologie, mais seulement des agencements. Et il n’y a que des agencements machiniques de désir, comme des agencement collectifs d’énonciation. Pas de signifiance, et pas de subjectivation : écrire à n (toute énonciation individuée reste prisonnière des significations dominantes, tout désir signifiant renvoie à des sujets dominés). Un agencement dans sa multiplicité travaille à la fois forcément sur des flux sémiotiques, des flux matériels et des flux sociaux (indépendamment de la reprise qui peut en être faite dans un corpus théorique ou scientifique). On n’a plus une tripartition entre un champ de réalité, le monde, un champ de représentation, le livre, et un champ de subjectivité, l’auteur. Mais un agencement met en en connexion certaines multiplicités prises dans chacun de ces ordres, si bien qu’un livre n’a pas sa suite dans le livre suivant, ni son objet dans le monde, ni son sujet dans un ou plusieurs auteurs. Bref, il nous semble que l’écriture ne se fera jamais au nom d’un dehors. Le dehors n’a pas d’image, ni de signification, ni de subjectivité. Le livre, agencement avec le dehors, contre le livre-image du monde. Un livre-rhizome, et non plus dichotome, pivotant ou fasciculé. Ne jamais faire racine, ni en planter, bien que ce soit difficile de ne pas retomber dans ces vieux procédés. “Les choses qui me viennent à l’esprit se représentent à moi non par leur racine, mais par un point quelconque situé vers le milieu. Essayez donc de les retenir, essayez donc de retenir un brin d’herbe qui ne commence à croître qu’au milieu de la tige, et de vous tenir à lui” (Kafka, Journal). Pourquoi est-ce si difficile ? C’est déjà une question de sémiotique perspective. Pas facile de percevoir les choses par le milieu, et non de haut en bas ou inversement, de gauche à droite ou inversement : essayez et vous verrez que tout change. Ce n’est pas facile de voir l’herbe dans les choses et les mots (Nietzsche disait de la même façon qu’un aphorisme devait être “ruminé”, et jamais un plateau n’est séparable des vaches qui le peuplent, et qui sont aussi les nuages du ciel).
On écrit l’histoire, mais on l’a toujours écrite du point de vue des sédentaires, et au nom d’un appareil unitaire d’Etat, au moins possible même quand on parlait de nomades. Ce qui manque, c’est une Nomadologie, le contraire d’une histoire.

(…) Les nomades ont inventé une machine de guerre, contre l’appareil d’Etat. Jamais l’histoire n’a compris le nomadisme, jamais le livre n’a compris le dehors. Au cours d’une longue histoire, l’Etat a été le modèle du livre et de la pensée : le logos, le philosophe-roi, la transcendance de l’Idée, l’intériorité du concept, la république des esprits, le tribunal de la raison, les fonctionnaires de la pensée, l’homme législateur et sujet. Prétention de l’Etat à être l’image intériorisée d’un ordre du monde, et à enraciner l’homme. Mais le rapport d’une machine de guerre avec le dehors, ce n’est pas un autre “modèle”, c’est un agencement qui fait que la pensée devient elle-même nomade, le livre une pièce pour toutes les machines mobiles, une tige pour un rhizome (Kleist et Kafka contre Goethe).


Peggy Guggenheim

Il y a des endroits où il faut se montrer, il y a une ville fascinante, fractale, labyrinthique, où les miroirs donnent à réfléchir sur l’égo, sur les égos, sur le monde et ses illusions.

Shakespeare me l’avait donné à penser avec la pièce si sublime « Le marchand de Venise ». La visite de la Fondation Guggenheim me replongea dans les dialogues de  cette oeuvre :

« La première est en or avec cette inscrition :

« Qui me choisit aura ce que beaucoup désirent »

La seconde en Argent et elle fait cette promesse :

« Qui me choisit aura autant ce qu’il mérite »

Le plomb de la troisième met brutalement en garde :

« Qui me choisit doit donner et risquer tout ce qu’il a »

Comment vais-je donc savoir si j’ai fait le bon choix? »

Maroc/ Acte II/ 7

La suite et le dénouement sont à lire selon votre désir.

Ainsi, la ville de la République, attire les généreux mécènes qui veulent obtenir une visibilité dans cette cité d’armateurs et de commerçants de vieille date et de volonté humaine.

Tel est le cas de beaucoup. Sans en froisser un, j’attirerais ici l’attention sur la Fondation Guggenheim et les choix de Peggy. Le coeur et le goût sont toujours à leur place et font oublier le magistrale talent de cette collectionneuse qui a su choisir, miser, non dans la convenance et dans l’or, mais sans doute dans le plomb. L’on a ainsi autant de plaisir que d’émotion à se promener parmi les petites salles de sa fondation vénitienne. Immortalisée par son effort, son choix royal et  la permanence dans le temps de tous ses talents, elle nous offre ce qui jamais ne s’achète, jamais se négocie : la force de la sincérité.

Peggy Guggenheim est une mécène américaine, collectionneuse d’art moderne et galeriste, née le 26 août 1898 à New York dans le quartier Ouest de la 69e avenue1 et morte le 23 décembre 1979 à Venise où elle a passé les dernières années de sa vie.

L'Art officiel français à l'étranger / Biennale de Venise

….S’appelle Christian BOLTANSKY.

Lorsque je suis entrée dans le pavillon français à la Biennale de Venise,  je me suis dit encore! encore ! encore ! encore! encore! encore……… encore Christian Boltansky.

Né le 6 septembre 1946, en couple avec Annette Messager, artiste connue pour avoir eu les honneurs du Pavillon français en 2007, avec « faites vos jeux », cet artiste qui travaille essentiellement sur la mémoire, ne fait rien pour qu’on l’oublie et pourtant à peine sortie de cet accumulation d’échafaudages et de portraits, de chiffres et de vacuité, je me tournais vers Gilbert et lui demandais :

- »mais qui exposait donc au Pavillon français? »,

un peu plus tard, devant l’explosion de créativité et l’esprit des danois, qui partageaient leur espace avec des artistes internationaux, je me retournais une nouvelle fois vers Gilbert et lui demandais

- »Mais qui exposait donc au Pavillon français????? »…

Quelques secondes ont suffit pour que je me reprenne, alors que visiblement je commettais, ce que l’on appelle en terme freudien, un refoulement, ici artistique…

- »Ah oui C’est Christian Boltansky, j’avais oublié ».

Un air officiel, un air convenu flottait sur le Pavillon français à Venise, que ne rattrape pas, mais pas du tout les oeuvres exposées à la Pointe de la Douane… Heureusement j’ai vu flotter dans l’air vénitien, un sublime ballon installé dans un vaporetto, un vrai plaisir valant tous les Jeff Koon

La vie de Balzac par Stefan Zweig

En ce moment de feuilles dorées, mordorées, de brumes fugaces, enfin d’Automne ! Voyez vous, ce bel automne qui me ramène inlassablement aux allées du Palais-Royal et dans les magasins de la Bibliothèque Nationale, où par la grâce du Prince, de la Reine plus précisement, je restais,- seule tous les soirs ouvrables – avec les imprimés abîmés que je devais ficher  avant l’envoi à Sablé sur Sarthe……Sablé sur Sarthe, un point sur la ligne de chemin de fer qui me menait de Nantes à Paris, de Paris à Nantes.

Dans ma bulle de pénombre, entourée des manuscrits royaux, dans le silence feutré des feuillets et des reliures patinées, mon temps de méditation fut fondateur, j’y nettoyais les scories de l’inutile, y recueillait l’humilité devant le génie humain. Ce même génie que  décrit Stephan Sweig, dans « la vie de Balzac », un roman et une biographie en même temps, où l’on suit Balzac dans ses errances, son génie, sa détermination, ses bassesses, son éternel optimisme et sa foi renouvelé en lui-même, en son oeuvre et à la vie enfin,. Cette vie que  l’on s’acharnait à  dérober, comme le souffle de sa chandelle lors de ses interminables séances d’écriture. Esclave enchainé à sa table  servitude volontaire de l’écrivain au long cours, bête de somme des illusions, le génie littéraire retenu et bref de Zweig sait merveilleusement rendre visible l’homme et son poids de chair toujours se disputant au génie de l’esprit.

La fontaine des Fleuve © photographie Catherine Margueritte/ 2009 pour le Paris des Arrondissement