Dans la question de le technique en 1954, le philosophe allemand né en 1889 le 26 septembre et mort en 1976 Martin heidegger nous livrait ce texte magnifique et bouleversant. Il y a t-il de l’espoir y a t-il du beau il y a t-il même de une suite possible a notre aveuglement et notre confort.
« La technique n’est pas ce qui est dangereux. Il n’y a rien de démoniaque dans la technique, mais il y a le mystère de son essence. C’est l’essence de la technique qui est le danger (Gefahr).Mais là où il y a danger, là aussiCroît ce qui sauve (Hölderlin)
Ainsi – contrairement à toute attente – l’être de la technique recèle en lui la possibilité que ce qui sauve se lève à notre horizon. C’est pourquoi le point dont tout dépend est que nous considérions ce lever possible, et que, nous souvenant, nous veillions sur lui. Ceci avant tout en apercevant ce qui dans la technique est essentiel, au lieu de nous laisser fasciner par les choses techniques. Aussi longtemps que nous nous représentons la technique comme un instrument, nous restons pris dans la volonté de la maîtriser.
Si nous considérons enfin que l’esse de l’essence se produit dans « ce qui accorde » et qui, préservant l’homme, le maintient dans la part qu’il prend au dévoilement, alors il nous apparaît que l’essence de la technique est ambiguë en un sens élevé. Une telle ambiguïté nous dirige vers le secret de tout dévoilement, c’est-à-dire de la vérité.
L’irrisistibilité du commettre et la retenue de ce qui sauve passent l’une devant l’autre comme, dans le cours des astres, la trajectoire de deux étoiles.
L’être de la technique menace le dévoilement, il menace de la possibilité que tout dévoilement se limite au commettre et que tout se présente seulement dans la non-occultation du fonds. L’action humaine ne peut jamais remédier immédiatement à ce danger. Les réalisations humaines ne peuvent jamais, à elles seules, écarter le danger. Néanmoins, la méditation humaine peut considérer que ce qui sauve doit toujours être d’une essence supérieure, mais en même temps apparentée, à celle de l’être menacé.
Autrefois, technè désignait aussi la production du vrai dans le beau. Qu’était l’art? Pourquoi portait-il l’humble nom de technè? Parce qu’il était un dévoilement producteur et qu’ainsi il faisait partie de la poiésis. Le nom de poiésis fut finalement donné, comme son nom propre, à ce dévoilement qui pénètre et régit tout l’art du beau: la poésie, la chose poétique. La poésie pénètre tout art, tout acte par lequel l’être essentiel est dévoilé dans le Beau.
Le même poète dont nous avons entendu la parole:Mais là où il y a danger, là aussiCroît ce qui sauvenous dit:… l’homme habite en poète sur cette terre. (Hölderlin)
Cette haute possibilité de son essence est-elle accordée à l’art au milieu de l’extrême danger? Personne ne peut le dire. Mais nous pouvons nous étonner de l’autre possibilité: que partout s’installe la frénésie de la technique, jusqu’au jour où, à travers toutes les choses techniques, l’essence de la technique déploiera son être dans l’avènement de la vérité. »
Martin heidegger nous livrait ce texte magnifique et bouleversant. Il y a t-il de l’espoir y a t-il du beau il y a t-il même de une suite possible a notre aveuglement et notre confort.
Dans 2001 Odyssée de l’espace Le cinéaste Stanley Kubrik, qui sans l’ombre d’un doute avait lu Heidegger, nous livrait ce chef d’oeuvre à la dernière image énigmatique :







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